Comment choisir son assurance maladie en Suisse
Guide complet pour choisir la bonne couverture santé
Choisir la bonne assurance maladie en Suisse ressemble à la confection d'un costume sur mesure : il ne suffit pas de choisir un tissu au hasard. Il faut comprendre les besoins, prendre les bonnes mesures, ajuster chaque élément et vérifier que l'ensemble soit cohérent, confortable et adapté à la personne. Un processus qui requiert une certaine maîtrise.
En matière d'assurance santé, la logique est la même. La solution idéale dépend de nombreux facteurs : vos habitudes médicales, votre lieu de domicile ainsi que des niveaux de soins auxquels vous désirez avoir accès. Dans ce guide, nous vous expliquons comment choisir votre assurance maladie en Suisse, comment éviter les erreurs les plus fréquentes, et comment faire des économies sans sacrifier l'essentiel.
Les deux niveaux d'assurance maladie en Suisse
Avant de comparer les produits, il faut comprendre que le système suisse repose sur deux niveaux de couverture : la LAMal, ou assurance de base, obligatoire, et les assurances complémentaires, ou LCA, facultatives.
La première couvre les prestations essentielles prévues par la loi. La seconde permet, selon les produits, de compléter certaines lacunes de la LAMal ou de couvrir des besoins que l'assurance de base ne prend pas en charge. Bien choisir son assurance maladie revient donc à faire deux choses :
- trouver la meilleure LAMal, c'est à dire la plus adaptée et la plus économique ;
- sélectionner, si nécessaire, les bonnes complémentaires, c'est-à-dire celles qui ont une réelle utilité dans votre situation.
Comment choisir la bonne assurance maladie de base (LAMal) en Suisse
Comme elle est obligatoire, l'optimisation de votre couverture santé commence par la LAMal. C'est d'ailleurs là que se trouvent souvent les économies les plus simples à réaliser.
Pourquoi ? Parce que les prestations de la LAMal sont définies par la loi et sont donc, en principe, identiques d'un assureur à l'autre. La prime ne depend donc que du modèle choisi, de la franchise et de la caisse maladie.
Autrement dit, pour l'assurance de base, il ne s'agit pas de trouver "la meilleure couverture", mais plutôt la formule la plus adaptée au meilleur prix. Cette première étape est fondamentale, car elle permet souvent de réduire significativement le coût de l'assurance de base, sans diminuer les prestations couvertes.
Les 4 étapes pour choisir la meilleure LAMal :
1. Choisir le bon modèle d'assurance
Parmis les différents modèles existants, le bon choix dépend de votre manière de consulter, et du niveau d'économie recherché. Dans de nombreux cas, les modèles médecin de famille ou télémédecine permettent de réduire sensiblement la prime.
2. Choisir la franchise adaptée à votre situation
Le choix de la franchise est determinant et il requiert de comparer le montant de vos frais médicaux annuels probables avec l'économie de prime obtenue grâce à une franchise plus élevée. La règle générale est la suivante : plus de 1800 CHF par année → franchise à 300 CHF ; moins de 1800 CHF par année → franchise à 2500 CHF.
3. Vérifier si vous avez besoin de la couverture accident
Si vous travaillez plus de 8 heures par semaine auprès du même employeur, les accidents sont généralement couverts par l'assurance de celui-ci et il n'est donc probablement pas nécessaire de l'ajouter à votre LAMal. Sinon, elle doit en principe être incluse.
4. Comparer les assureurs dans votre canton
Une fois le modèle, la franchise et la couverture accident choisis, il faut identifier la caisse maladie qui propose cette combinaison au meilleur prix dans votre canton.
Notre conseil pour la LAMal
La LAMal est la partie la plus standardisée du système. C'est donc aussi la plus facile à optimiser, à condition de suivre une méthode rigoureuse. Beaucoup d'assurés paient trop cher simplement parce qu'ils n'ont pas revu leur modèle, leur franchise ou leur assureur depuis plusieurs années.
Comment choisir les bonnes assurances complémentaires (LCA)
Si la LAMal permet de poser les bases, de choisir le bon tissus et de prendre les mesures, le véritable travail d'ajustement commence avec les assurances complémentaires. En effet, c'est ici que se joue la différence entre une couverture en prêt-à-porter ou une combinaison sur-mesure réellement adaptée.
Ce travail requiert cependant une certaine expertise. En effet, pour choisir les bonnes LCA il ne suffit pas de regarder le montant de la prime. Il faut comprendre ce que couvre réellement chaque module, dans quelles conditions, pour quels prestataires, avec quelles limites, et si cette couverture est réellement utile dans votre cas.
Les deux objectifs d'une bonne stratégie LCA
Lorsqu'on choisit ses assurances complémentaires, il faut garder en tête deux objectifs distincts :
1. Combler les lacunes importantes de la LAMal au meilleur prix
Chez Covero, nous appelons ce bloc de protection les "minimal requirements" : il s'agit du socle minimal de couverture complémentaire qu'il peut être pertinent d'évaluer avant toute autre chose.
2. Couvrir certains besoins non pris en charge par la LAMal
Uniquement si cela en vaut réellement la peine. Une fois les lacunes importantes analysées, il devient possible d'examiner si d'autres modules complémentaires ont une réelle valeur pour vous.
Comment savoir si une assurance complémentaire en vaut la peine
C'est ici qu'intervient un mécanisme central : le coût net.
Beaucoup de personnes raisonnent uniquement en termes de prime. Elles se demandent : "Combien me coûte cette assurance par mois ?" C'est une question utile, mais insuffisante.
La vraie question est la suivante :
Cette assurance me coûte-t-elle plus qu'elle ne me fait économiser ?
Autrement dit, il faut comparer :
- le coût brut du module, c'est-à-dire sa prime ;
- le bénéfice concret qu'il peut vous apporter selon vos besoins réels.
Exemple concret : le coût net d'un module dentaire
M. Dupont à entre 25 et 30 ans, il habite dans la region lausannoise, et se rend chez l'hygiéniste une fois tous les six mois comme recommandé. Chaque séance lui coûte 170 CHF. Ses frais annuels s'élèvent donc à 340 CHF.
Un assureur propose un module complémentaire couvrant 75 % des frais d'hygiène dentaire, jusqu'à un maximum de 300 CHF par année.
Dans ce cas, le remboursement théorique maximal est de :
0,75 × 340 = 255 CHF
Ce module devient donc avantageux pour M. Dupont dès que sa prime annuelle est inférieure à 255 CHF. Or pour un profil comme le sien un module de ce genre ne lui coûte que 11,10 CHF par mois soit 133,20 CHF par année.
Le gain net potentiel est alors de :
255 – 133,20 = 121,80 CHF
Dans un tel cas, la complémentaire ne représente pas une charge inutile : elle permet au contraire de réduire le coût net de santé.
C'est un point essentiel : payer plus de primes ne signifie pas forcément payer plus cher au total. Une bonne complémentaire peut coûter quelque chose en apparence, tout en réduisant vos dépenses globales dans les faits.
Quels besoins peuvent justifier une assurance complémentaire ?
Certaines dépenses récurrentes et relativement prévisibles peuvent justifier une analyse approfondie, notamment lorsqu'elles sont insuffisamment couvertes ou non couvertes par la LAMal.
Il peut par exemple s'agir de :
- Consultations régulières auprès de spécialistes non couverts par la LAMal ou seulement sous certaines conditions ;
- Soins dentaires prévisibles, comme l'hygiéniste ;
- Frais récurrents liés à la vue ;
- Certaines prestations de prévention ou de médecine complémentaire ;
- Certaines participations à des abonnements de fitness, selon les modules et les conditions de reconnaissance.
La bonne question n'est donc pas seulement : "Ai-je envie d'être couvert ?"
La bonne question est plutôt : "Le coût de cette assurance est-il inférieur à la valeur réelle qu'elle m'apporte ?"
Si la réponse est oui, elle peut être pertinente. Si la réponse est non, elle n'est probablement pas justifiée.
Pourquoi il est si difficile de bien choisir ses assurances complémentaires
En théorie, la logique paraît simple. En pratique, elle l'est beaucoup moins.
Le principal problème est que les assurances complémentaires ne sont pas conçues comme des produits parfaitement transparents et comparables. Il s'agit souvent de paquets de prestations comprenant :
- des remboursements partiels ;
- des plafonds annuels ;
- des listes de prestataires reconnus ;
- des restrictions ou exclusions spécifiques ;
- des conditions particulières qui ne ressortent pas toujours clairement dans les résumés commerciaux.
Un module peut paraître attractif en surface, mais être beaucoup moins intéressant en pratique une fois les conditions contractuelles examinées en détail.
Par exemple, un assureur peut afficher un montant "jusqu'à 500 CHF par année pour le fitness", alors qu'en réalité seule une partie de ce montant est utilisable pour un abonnement classique, le reste étant réservé à d'autres prestations beaucoup moins courantes.
Il faut également vérifier un point essentiel : la reconnaissance effective des prestataires. Une prestation peut être théoriquement couverte, mais seulement si elle est fournie par un thérapeute, un centre ou un professionnel reconnu par l'assureur concerné.
La meilleure combinaison est souvent répartie entre plusieurs assureurs
Une autre difficulté importante vient du fait que la meilleure solution n'est pas toujours regroupée chez un seul acteur.
En pratique, il est tout à fait possible que :
- votre LAMal soit la plus intéressante chez un assureur ;
- votre hospitalisation chez un autre ;
- votre dentaire chez un troisième ;
- et un module ambulatoire chez un quatrième.
C'est précisément ce qui rend la comparaison si difficile pour un particulier : il ne faut pas seulement comparer des produits isolés, mais aussi des combinaisons entières de modules, parfois réparties entre plusieurs compagnies. On atteint alors très vite des millions de possibilités. Et comme le marché évolue régulièrement, cette analyse doit en plus être revue dans le temps.
C'est ici qu'une grande partie des assurés se font avoir, non pas parce qu'ils manquent de bon sens, mais parce qu'ils se retrouvent face à un marché complexe, technique, et difficile à comparer de manière rigoureuse. Face à cette difficulté, beaucoup se tournent logiquement vers des professionnels ou vers des outils censés les aider à faire le bon choix. Dans les faits, ces solutions ont cependant souvent leurs propres limites :
- les conseillers des caisses maladie promeuvent avant tout les produits de leur propre compagnie, alors que la meilleure combinaison est souvent répartie entre plusieurs assureurs ;
- les intermédiaires non liés peuvent apporter une aide précieuse, mais restent parfois limités par des conflits d'intérêts ou par la difficulté de conduire une analyse complète et continuellement actualisée du marché ;
- les comparateurs mettent souvent l'accent sur la prime la plus basse, alors que, comme nous l'avons vu plus haut, la prime seule ne suffit pas à déterminer si une solution est réellement avantageuse.
La solution la plus fiable pour choisir son assurance maladie
C'est pour répondre à cette complexité que nous avons développé Covero.
Notre approche consiste à traiter l'assurance santé comme un véritable travail d'ajustement : comprendre les besoins, analyser les conditions réelles des produits, comparer les combinaisons possibles et identifier la solution la plus intéressante pour chaque profil.
Nous avons structuré les contrats des principales compagnies dans des bases de données qui nous permettent de comparer non seulement les primes, mais aussi les prestations, conditions et limitations de chaque module.
L'objectif n'est pas simplement de proposer une assurance "moins chère", mais de trouver une solution taillée sur-mesure pour votre profil.
Avec Covero, vous pouvez comparer plus facilement les produits, identifier la combinaison adaptée et simplifier la partie administrative liée au changement de contrat le tout depuis notre plateforme en ligne régulée.
Conclusion : comment bien choisir son assurance maladie en Suisse
Bien choisir son assurance maladie en Suisse ne consiste pas seulement à chercher la prime la plus basse. Il s'agit de construire une couverture cohérente, adaptée à vos besoins, à votre budget et à votre situation.
En résumé :
- la LAMal doit être optimisée méthodiquement ;
- les LCA doivent être sélectionnées selon leur utilité réelle ;
- le bon raisonnement n'est pas seulement de comparer les primes, mais d'analyser le coût net ;
- et la meilleure combinaison n'est pas toujours visible au premier coup d'œil.
Comme pour un costume sur mesure, la qualité du résultat dépend moins de l'apparence générale que de la précision des ajustements. Une bonne couverture santé est avant tout une couverture bien pensée.
FAQ :
Il faut distinguer l'assurance de base, dont les prestations sont fixées par la loi, des assurances complémentaires, qui dépendent de vos besoins. Le bon choix consiste à optimiser le modèle, la franchise et l'assureur pour la LAMal, puis à analyser l'utilité réelle de chaque complémentaire.
Il n'existe pas une seule "meilleure" caisse maladie valable pour tout le monde. Pour la LAMal, tout dépend surtout du prix de la combinaison choisie dans votre canton. Pour les complémentaires, la meilleure solution dépend des prestations recherchées, des conditions du contrat et de votre profil.
Il est souvent pertinent de revoir sa situation chaque année, car les primes évoluent et certaines combinaisons deviennent plus intéressantes. Cela ne signifie pas qu'il faut systématiquement changer, mais qu'il faut systématiquement comparer.
Le bon choix dépend principalement de vos dépenses de santé prévisibles. En règle générale, une franchise élevée est intéressante si vous avez peu de frais médicaux couverts par la LAMal, alors qu'une franchise basse peut être plus adaptée si vos frais sont élevés ou réguliers.
Oui, dans certains cas. Tout dépend de leur coût, de ce qu'elles remboursent réellement et de vos besoins. Une complémentaire peut être très utile si elle couvre des dépenses récurrentes ou des risques que vous souhaitez réellement transférer. Sinon, elle peut représenter une dépense inutile.
Oui. Il est tout à fait possible de répartir sa couverture entre plusieurs assureurs. C'est même parfois la solution la plus intéressante, selon les produits et les besoins concernés.